Musicologie, recherche, écrits, commentaires...

Isabelle Eberhardt, une littérature au service de l’ethnologie, une quête spirituelle en faveur de l’anthropologie, Sorbonne, juin 2011​.
Le témoignage d’Isabelle Eberhardt peut présenter, une matière ethnographique de haute valeur ; une plume qui lance un nouveau style de littérature coloniale, dénuée de préjugés et d’exotisme, consolidée par un regard posé, venant du fin fond de la société algérienne d’entre 1897 et 1904.

Essai ethnologique retraçant la vie et l'œuvre de cette romancière journaliste rebelle : bibliographique essentielle, publications littéraires et journalistiques d'Eberhardt et filmographie réalisée autours de sa vie et de son oeuvre.

→ Lire la présentation



 

Calligrafia – Musicain Alchimie on line, Torino, juin 2011​.

Réfléxion sur le concept de la musique comme langue, comparé aux autres modes d'expression artistiques et littéraires. 

Le texte est issu d'une série de correspondances échangées avec la psychanalyste et historienne française Brigitte Dusch.

→ Lire la lettre



 

Divagazioni sonore, in Alchimie on line, Torino, décembre 2009​.

Dans un monde dominé par l'indispensable immédiateté de communication, dans lequel le mot est perdue entre sms, email, blog, forum, chat et vidéo, l'ancien épître essaie de survivre comme un témoignage de l'existence d'une langue universelle : la musique.

Le texte est issu d'une série de correspondances échangées avec la psychanalyste et historienne française Brigitte Dusch.

→ Lire la correspondance



 

Focus sur Salim Dada, in Le Mensuel de Polyphonies, France, mai 2009​.​

Questions-Réponses autours de la composition, le travail du compositeur en résidence, la relation compositeur-musiciens d'orchestre, l'identité musicale, l'héritage oral, la modalité, les formes anciennes, le parcours, etc. 

→ Lire l'entretien



 

Le mouvement musical à Laghouat  الحركة الموسيقية والغنائية في الأغواط, paru dans la Brochure de la Semaine culturelle de Laghouat à "Alger Capitale de la culture arabe", Ministère de la Culture, Alger, juillet 2007.

Bref historique sur les principaux acteurs et typologie des mouvements de musique à Laghouat en Algérie. (texte en arabe)

 Lire l'article

 

Essai sur la forme Sama'i, in Le Mensuel de Polyphonies, France, juillet 2007​.

Le Samaї est l’une des formes instrumentales orientales les plus anciennes et les plus élaborées qui garde jusqu’à aujourd’hui une forte présence dans le répertoire des musiciens turques et arabes. Le Sama'i s’est développé à partir XVIe siècle sous l’Empire musulman Ottoman. La forme a atteint sa perfection vers la fin du XIXe siècle. 

→ Lire l'essai



 

Commentaire sur le Prélude de La chevauchée des Walkyries, in Le Mensuel de Polyphonies, France, décembre 2005​.​

Bref commentaire de dégustation avant d'aborder l'opéra en trois actes, extrait de la Tétralogie de Richard Wagner (1813 -1883). 

→ Lire le commentaire

 

 

 

Divers écrits autours de la musique et de l'art

Al-Adhan : appel à la prière en Islam et témoin pur du maqam

 

Thèse de Doctorat de Recherche en Musique et Musicologie de l’Université Sorbonne Paris IV, s. dir. François Picard (recherche en cours : 2012-2015)

 Page de Salim DADA sur le site PLM Sorbonne



L'appel islamique à la prière al-adhan se pratique continuellement dans chaque mosquée cinq fois par jour. Il indique aux musulmans les heures de la prière et ceux du jour : ṣubuh à l'Aube, ẓuhur à midi, ‘aṣar l’après-midi, maghrib au crépuscule, et ‘isha pour le soir. En tant que phénomène social, l'adhan régule l’activité commerçante et ouvrière et crée un contexte de rassemblement constant pour la communauté. La voix humaine est le seul instrument jouissant de cette ordonnance. Les muezzins concurrencent et comparent la force et la beauté de leurs voix, ils excellent dans leurs interprétations pour inciter les gens à la prière : "Les muezzins auront les plus longs cous le Jour du jugement dernier" (Prophète Mohammad, Hadith n° 580, in Sahih Muslim)



A nos jours, l’adhan reste encore un phénomène sonore "incasable". Sujet à interprétation pour les occidentaux, et  d’inspiration pour les musulmans. Remarque, ces derniers n’utilisent pas le mot "chanter" pour désigner l’exercice de l’adhan. Le verbe arabe attribué découle de son appellation racine, un muezzin "you’adhin". Le verbe adhana n’est jamais usagé hors du contexte de l’appel à la prière de l’Islam. 

Une majeure partie de la complexité de la situation du adhan découle de cette sémantisation.

Si les récitations et cantillations coraniques sont bien arrêtées "liturgiques" et si les chants de louanges du pèlerinage ou des célébrations des fêtes religieuses sont considérés comme "paraliturgique", l’adhan quant à lui, se trouve simultanément dans l’une et dans l’autre catégorie. Doit-on alors créer une nouvelle catégorie médiane pour l’adhan?

Le projet de cette recherche est focalisé sur l’aspect formel et l’implication musicale dans cette pratique de l’Islam : analyse des différents styles et techniques vocales du adhan actuel, discussion sur les modalités utilisées et vérification de la concordance avec l’ancienne règle « un maqam pour chaque temps de prière ».

Bien que l’élément musical soit fondamental dans la technique du adhan, l’exercice en soi reste principalement rituel. La vulnérabilité au changement et à l’influence exogène reste dérisoire. La mutation musicale du adhan est largement plus lente que celle des autres pratiques musicales de la société. La thèse de ce doctorat tend à concevoir l’adhan comme un réservoir immuable d’une modalité séculaire du maqam.

Le projet porte principalement le souci d’examiner la place du musical dans le dispositif du religieux dans la pratique et l’enseignement du adhan. La sociologie et la prosopographie du muezzin, comprendre l’évolution du minaret, son rôle dans la société et celui de la mosquée dans le paysage urbain, seront des problématiques au cœur de cette étude.

Polyphonie orchestrale et évolution de la musique orientale : le cas des Mugams symphoniques chez Fikret Amirov (1922-1984)

 

Grade de Master Recherche en Musique et Musicologie de l’Université Sorbonne Paris IV.

Mémoire de recherche, 226  pages, s. dir. Jean-Jacques Velly, présenté et soutenu à la Maison de la Recherche de la Sorbonne, Paris, le 19 juin 2012.

Car il est inévitable quand on est compositeur arabe de contourner la question hautement discutée : la Polyphonie, la problématique implicite à l’origine de ce mémoire était toute simple : « Peut-on écrire pour l’orchestre de manière orientale? ». 

En Orient, cette question épineuse anime encore les débats des musiciens entre prêcheurs et détracteurs, entre conservateurs traditionalistes et modernistes occidentalistes. L’archive du Congrès de la musique arabe au Caire (1932) nous est un témoignage réel de cette grande polémique. Aujourd’hui, la problématique s’avère encore béante à l’image de ce qu’elle était voici un siècle ; les deux clans continuent à se cliver dans un acharnement qui, par malheur, laisse glisser insidieusement une superficielle occidentalisation de l’orchestre et de la musique orientale dans une fiévreuse course à la mode de Fusion et de la World music.

Il faut dire cependant, que depuis les années 1950, quelques compositeurs orientaux ont pu démontrer un désir d’originalité et un effort de synthèse Orient-Occident. Leurs recherches évoquent une aspiration à un syncrétisme langagier, à une polyphonie adaptée, voire créée, et à un traitement nouveau de l’orchestre.

Quelques idées particulièrement novatrices peuvent êtres perçues dans les œuvres d’Ahmed Adnan Saygun, Ulvi Cemal Erkin, Hasan Ferid Alnar et Ferit Tüzün en Turquie, Aminollah Andre Hossein et Heshmat Sanjari en Iran, Aziz El-Shawan, Gamal Abderrahim et Attia Sharara en Egypte, les frères Rahbani, Abdel-Moun‘im Shaaban, Taufic El-Basha et Marcel Khalife au Liban, Boudjemia Merzak et Abdelwahab Salim en Algérie, Solhi Al-Wadi et Nouri Iskandar en Syrie.



Les compositeurs compositeurs azéris et particulièrement Fikret Amirov semble avoir été préoccupés par la question. Par la nature polyphonique et l’esthétique langagière typiquement orientales de ses célèbres œuvres symphoniques, Amirov apporte des éléments clés et des réponses objectives.

Quel type de polyphonie avait utilisé Amirov? Dans quel contexte musical les a-t-il formulé? Y aurait-il un rapport entre le choix de la polyphonie et la forme de l’œuvre? Une évolution stylistique et technique serait-elle repérable au fil de ses trois Mugams? Y aurait-il une création d’une nouvelle polyphonie? Y a-t-il de nouveaux procédés d’orchestration? Comment Amirov a su adapté les techniques d’écriture occidentales à la modalité du maqam? Peut-on classer toutes les polyphonies possibles dans un seul tableau générateur? Existe-t-il déjà?

 

L'étude bibliographique avait permit d’apprécier les grandes différences entre les classifications disponibles permettant de sectionner et de hiérarchiser les éventuelles polyphonies d’orchestre. La partie théorique du mémoire aboutit donc à la conceptualisation d'une nouvelle typologie des combinaisons polyphoniques de l’orchestre. Cette nouvelle typologie, compléte et efficace, vient combler cette lacune et fournir un model cohérent pour l'analyse de l'orchestration.



Dans la dernière partie, des ressources naturelles et appropriées ont été proposées pour une écriture polyphonique consciente de la musique orientale.

Les traditions musicales en Azerbaïdjan : héritage et évolution

Maîtrise en Musique et Musicologie de l’Université Sorbonne Paris IV.
Dossier de recherche, 100 pages, s. dir. Jean-Jacques Velly, présenté et soutenu à la Sorbonne, Paris,

le 11 octobre 2011.



Incontestablement, l’Azerbaïdjan est le seul pays de l’Orient musulman qui a su développer une véritable école nationale de composition musicale, basée justement sur un jumelage entre le développement de la culture musicale traditionnelle et l’adoption perspicace des techniques d’écriture et de composition occidentales.

Le syncrétisme musical en Azerbaïdjan au XXe siècle a pu transcender les clivages idéologiques et historiques que subit encore la musique orientale. Grand par sa culture et son art, ce petit pays fut annonciateur d’une "Renaissance" de la musique orientale. Il aurait pu servir de modèle pour les autres pays de traditions similaires. L’effervescente créativité musicale de cinq générations de compositeurs azéris est d’une impressionnante singularité, de par sa méthode, son inventivité, son abondance, sa maîtrise et son assimilation sociale.

Incontestablement, l’Azerbaïdjan est le seul pays de l’Orient musulman qui a su développer une véritable école nationale de composition musicale, basée justement sur un jumelage entre le développement de la culture musicale traditionnelle et l’adoption perspicace des techniques d’écriture et de composition occidentales.
Le syncrétisme musical en Azerbaïdjan au XXe siècle a pu transcender les clivages idéologiques et historiques que subit encore la musique orientale. Grand par sa culture et son art, ce petit pays fut annonciateur d’une « Renaissance » de la musique orientale, il aurait pu servir de modèle pour les autres pays de traditions similaires.
De par sa méthode, son inventivité, son abondance, sa maîtrise et son assimilation sociale, l’effervescente créativité musicale de cinq générations de compositeurs azéris reste d’une impressionnante singularité dans l’histoire de la musique orientale.

 

L'écoute active et l'observation historique des diverses musiques d'Azerbaïdjan et des contrées voisines nous ont permis de repérer les différences et les ressemblances de styles, de formes et d'interprétations. Face à la grande diversité et l'immense richesse musicale azerbaïdjanaise, le mémoire établit un tableau synthétique des différentes traditions musicales azerbaïdjanaises, le contexte de leur évolution et l’apport de ses principaux acteurs. Ainsi, les traditions musicales d’Azerbaïdjan ont été présentées en trois entités d’étude :

        1. La musique populaire: l'art des Ashiq et les musiques folkloriques (ta'ziye, toy, chants et danses folkloriques). 

        2. La tradition savante du mugam.

        3. L'école nationale de composition musicale.

 

Recherche musicologique